# L'agroalimentaire de marque historique perd des parts de marché, tandis que la détente sur le cacao profite à Mondelez et Hershey

> Newsletter alimentation, marques de distributeur et grande distribution pour la semaine du 25 juin 2026. Un trio d'analystes d'Evercore a enterré l'agroalimentaire de marque historique, plombé par la perte de parts de marché et une inflation des coûts impossible à répercuter, désigné les bénéficiaires de la détente sur le cacao, Mondelez et Hershey, comme le seul pari acheteur de la semaine, et souligné que les marques de distributeur s'imposent désormais dans le grand public tandis que le retail media s'oriente vers une purge.

## Alimentation : marques, marques de distributeur & grande distribution

### Semaine du 25 juin 2026 : l'agroalimentaire de marque historique perd des parts de marché, tandis que la détente sur le cacao profite à Mondelez et Hershey

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Cette semaine, un trio d'analystes d'Evercore s'est entretenu avec Steve Eisman et a résumé en quelques mots l'état des biens de grande consommation en linéaire central : « en gros, tout va mal. » Voilà l'ambiance. Mais sous ce climat morose se cache un véritable pari, une guerre des prix sur les marques de distributeur désormais pleinement installée dans le grand public, et une dirigeante du retail media qui annonce elle-même le pic de fragmentation de son propre secteur. Entrons dans le détail.

## L'essentiel

- **L'agroalimentaire de marque historique est en train d'être sacrifié** : les parts de marché saignent au profit des « petites marques », l'inflation des coûts (COGS) tous facteurs confondus atteint environ 6 %, une hausse que Campbell ne parvient pas à répercuter, et les taux de distribution avoisinent 80 %. Le seul pari acheteur : les valeurs bénéficiant de la détente sur le cacao (MDLZ, HSY) à l'horizon de l'exercice 2027.
- **Les marques de distributeur ne sont plus un pari de récession, elles sont devenues la structure même du marché.** Clark Howard, contre toute attente, affirme que les consommateurs américains achètent désormais des marques de distributeur « un peu plus comme le reste du monde », et c'est précisément là que se joue la bataille entre Walmart, Aldi, Lidl, Costco et Kroger.
- **Le retail media se consolide autour d'une poignée de gagnants.** Selon Kroger Precision Marketing (KPM), les réseaux les plus faibles ne seront pas consolidés mais « éliminés ». Sam's Club Connect est absorbé par Walmart Connect, mais le chevauchement de clientèle est « plus faible qu'on pourrait le penser ».

## Ce qu'il faut retenir cette semaine

**Le scénario baissier sur l'agroalimentaire historique s'est précisé.** Dans [The Real Eisman Playbook (22 juin)](https://app.matterfact.com/podcasts/d09ce8a9067877b495560ad8a5ac214cc510d0585c63b81aafdce61d353fc1a4), trois *analystes* d'Evercore ont détaillé les calculs. Campbell a guidé une inflation de « 2 % à 3 %... avant d'inclure l'énergie » pour l'exercice 27, et une fois ajoutés environ 3 points liés à l'énergie, on atteint une inflation des coûts totale d'environ 6 % : « Bonne chance pour répercuter ça sur le consommateur. » Le problème est structurel, pas conjoncturel : « Toutes mes grandes entreprises agroalimentaires perdent des parts de marché. Au profit de qui ? Des petites marques », distribuées via TikTok, mettant en avant les protéines et le bien-être. Ajoutez à cela les coupes dans le programme SNAP (aide alimentaire, avec un impact de 1 à 1,5 % sur la consommation dans les États qui réduisent déjà leurs prestations, appelé à s'accentuer avec l'entrée en vigueur au Texas et en Floride) et environ 50 points de base de frein lié aux GLP-1, et la conclusion tombe : des taux de distribution proches de 80 %, des PER autour de 10x, et des bilans trop tendus « pour se lancer dans un réinvestissement massif et audacieux capable d'inverser la tendance ». KHC, CAG, CPB et GIS sont dans le viseur.

**Le seul pari acheteur au milieu de ce naufrage : la détente sur le cacao.** Même épisode, même table : Mondelez et Hershey sont les valeurs surperformance d'Evercore, « parce qu'elles vont bénéficier d'un afflux massif et immédiat de la détente sur le cacao à l'horizon de l'exercice 27. » C'est le montage le plus limpide entendu cette semaine sur les ondes : une manne sur les marges qui arrive précisément au moment où tous les autres postes de coûts évoluent dans le mauvais sens.

**Les marques de distributeur se sont pleinement installées dans le grand public.** Dans [The Clark Howard Podcast (22 juin)](https://app.matterfact.com/podcasts/0277eea0dc48eedaa1b77e9d95191550b2199b019d6afb8fb24b06c37cf39a57), le *chroniqueur* spécialisé en finances personnelles a présenté toute la bataille de la grande distribution comme une guerre des marques de distributeur : « Les Américains achètent des marques de distributeur en bien plus grand nombre qu'avant, désormais un peu plus comme le reste du monde... C'est vraiment là que se joue et se concentre la bataille en ce moment. » Kroger baisse les prix sur « des milliers d'articles », avec « un accent particulier... sur ses produits de marque de distributeur ». Sa remarque, sans détour, sur le comportement des consommateurs, « acheter des marques nationales au supermarché relève généralement d'une décision émotionnelle », fait écho, côté demande, à la thèse d'Evercore sur la perte de parts de marché.

**Le retail media s'oriente vers une purge.** Dans [The Big Impression (24 juin)](https://app.matterfact.com/podcasts/2d475d60f9766efe64d94143b7c51742c7aa126eeeb073ab1a4c7918bc159ee8), Christine Foster, de Kroger Precision Marketing, une *professionnelle du secteur*, s'est montrée inhabituellement directe : interrogée sur une consolidation ou une spécialisation de l'écosystème, elle a répondu : « Je dirais plutôt une élimination. Tous les acteurs... l'écosystème ne peut pas absorber intégralement la fragmentation que nous observons actuellement. » L'avantage concurrentiel réside dans l'infrastructure : 95 % de connectivité transactionnelle liée aux cartes de fidélité sur 60 millions de foyers, un système d'enchères par IA maison (« Precision Bid ») développé avec The Trade Desk, et une volonté d'appliquer les données de la grande distribution à la CTV afin de relier les budgets de marque aux ventes réelles. Les réseaux de retail media (RMN) autonomes qui monétisent uniquement leurs propres linéaires sont de l'argent mort ; ce sont les acteurs riches en data science qui rafleront la mise.

**Sam's Club Connect est absorbé par Walmart Connect, avec une nuance.** À Cannes, [Retail Media Breakfast Club (25 juin)](https://app.matterfact.com/podcasts/a335c3f85db4e347aa06b48bbfaaf356ad202131154cd959a4add41b421b2c5b) a reçu le responsable publicité de Sam's Club, Harvey Ma (*professionnel du secteur*), au sujet de la réorganisation qui place Sam's Club, Walmart Connect US et International sous un même toit. L'élément utile pour quiconque modélise la portée publicitaire de Walmart : le chevauchement de clientèle entre le format de masse Walmart et le club-entrepôt est « potentiellement plus faible qu'on pourrait le penser », car faire ses courses en club-entrepôt nécessite une voiture et une capacité de stockage en gros, si bien que la base de clientèle Walmart en zone urbaine dense n'est pas comptée deux fois. L'argument commercial d'une « échelle couvrant les deux enseignes » est réel, mais moins additif qu'il n'y paraît.

## Le débat

Cette semaine, les ondes ont largement penché d'**un seul côté**, celui du scénario baissier et structurel, aussi vais-je jouer l'avocat du diable pour la thèse haussière et signaler les endroits où elle n'a été qu'à moitié exposée.

**Le scénario baissier (bien documenté) :** perte structurelle de parts de marché au profit des petites marques, inflation des coûts (COGS) d'environ 6 % sans pouvoir de fixation des prix, réévaluation permanente de la catégorie par les marques de distributeur, et un consommateur bas de gamme sous pression. [RiskReversal (22 juin)](https://app.matterfact.com/podcasts/25e50b91b59a925cfc287dcd6ed166232f78ebecb4a17bfde800ca8b1281d8d4) place le distributeur dans le même étau, citant directement le PDG de Kroger : « nos coûts d'exploitation augmentent plus vite que nos ventes. Ce n'est pas soutenable », avec des consommateurs qui multiplient « trop de visites promotionnelles et pas assez d'achats de panier complet », alors que les impayés sur cartes de crédit atteignent leur plus haut niveau depuis 13 à 15 ans. Kroger a inscrit un plus bas sur 52 semaines pendant l'enregistrement.

**Le scénario haussier (partiellement exposé) :** le vent porteur sur les marges lié à la détente sur le cacao à l'horizon 2026/27 est *bien* présent sur les ondes, et il est réel, mais il est présenté comme un pari sur des titres individuels (achat de MDLZ/HSY), et non comme une thèse sectorielle selon laquelle les volumes se redresseraient une fois les effets de prix estompés. Personne cette semaine n'a défendu la thèse d'une rentabilité durable pour l'épicerie en ligne, ni avancé que le cycle de déstockage touchait à sa fin. Sur les matières premières, le ton était en réalité *loin d'être alarmiste* : le [Market Call (22 juin)](https://app.matterfact.com/podcasts/3f7a976a748a831d1e836eb6d228846d41e1fb6478c91af489321aac96f600d4) de Saxo a signalé la formation d'un Super El Niño comme un « test de résilience », tout en notant que « nous abordons cette période avec un bon report de stocks des années précédentes ». Autrement dit : l'optimisme qui existe est étroit et ascendant, pas un retournement macroéconomique.

## Répercussions

- **Confiseurs / approvisionnement en cacao :** l'[épisode sur le cacao ouest-africain (18 juin)](https://app.matterfact.com/podcasts/d711fe3e700fdf64409dbce5314681f7c5d418333ebc636a379ac8381256bf2d) de Trade Finance Talks : la production de Côte d'Ivoire a chuté de 15,3 %, celle du Ghana de 4,8 % sur quatre campagnes, et « le rebond ne s'est pas produit ». La détente sur le cacao relève d'une histoire de *prix*, pas d'une reprise de l'offre ; le déficit structurel demeure intact, ce qui fait de la manne liée au renouvellement des couvertures (hedge-roll) de l'exercice 27 une fenêtre temporaire, et non un nouveau régime durable. À surveiller : le règlement EUDR (applicable aux grandes entreprises à partir de décembre 2026) comme facteur de coût additionnel.
- **Les protéines partout :** [Marketplace (22 juin)](https://app.matterfact.com/podcasts/98cf8d4c5ad5cef78814ec619aae57725ae5cf782e87c82635a88371b1815a7a) : le bœuf a progressé de 13 % sur un an, l'USDA anticipe encore +10 % en 2026, et les cheptels ne se reconstituent pas. La même montée en gamme des protéines qui dope les références en grande distribution se retrouve dans la restauration : [The Rundown (25 juin)](https://app.matterfact.com/podcasts/5ce7fe0e73102a0299715f51bda629185ca8cfb73b94dda19f6d5b450372b26e) sur Darden note des ventes comparables totales en hausse de 4,6 %, mais une progression molle de 2,4 % pour Olive Garden, exactement le clivage glucides-versus-protéines évoqué par Evercore.
- **Automatisation en magasin / thématique proche des centres de traitement de commandes en magasin (MFC) :** le responsable des Connected Stores d'Instacart a déclaré dans le [NVIDIA AI Podcast (24 juin)](https://app.matterfact.com/podcasts/316396b8abacb285e28381db54936e146399a15d03673f4f028b4791e8c509e3) que les chariots intelligents Caper sont désormais déployés dans 100 villes américaines (« un triplement en un an »), générant des « hausses de ventes à deux chiffres », une simple notification « avez-vous oublié quelque chose ? » suffisant à générer un point de pourcentage de hausse en valeur absolue. La couche périphérique de la grande distribution devient une surface publicitaire et de conversion à part entière.
- **Diversification chez HSY :** le contrôleur financier de Hershey a indiqué dans [The Pre-Read (22 juin)](https://app.matterfact.com/podcasts/18ab4d06aeb1b0ee3650927be3443cb8220f06adec22aad5ab5879587da4086e) que l'activité snacks salés est passée d'un segment « quasi inexistant en 2016 » à « un acteur très important » (Skinny Pop, Dot's, Lesser Evil). Le pari acheteur sur le cacao s'accompagne donc aussi d'une option protéines/bien-être.
- **Politique commerciale et prix alimentaires :** l'étude de l'université Purdue relayée par [RealAgriculture (24 juin)](https://app.matterfact.com/podcasts/5d5b8fd38bc8911cfd8f4982a345bb7b49f22de82b5da0af9dffd0f6cdbe6021) : une baisse de droits de douane de 1 % se traduit, sur une décennie, par une baisse cumulée de 2,8 % des prix à la consommation ; à l'inverse, un effondrement de l'USMCA pourrait faire grimper les prix alimentaires de plus de 12 % en 20 ans. À garder en tête comme risque extrême sur le poste des coûts (COGS).

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